Ça y est ! Nous l’avons fait !
Nous avons fait une des Great walks du pays, celle d’Abel Tasman, au nord ouest de l’île du sud. C’est donc une grande randonnée de 53km que nous avons faite en 3 jours. C’était donc l’aventure.
Mais procédons pas étape. D’abord, nous avons fait toutes les réservations nécessaires : les hut, chalets dans lesquels il y a de quoi dormir, se laver (à l’eau froide), WC, lavabos et aussi de l’eau potable, puis le trajet en bateau-taxi, pour nous amener à notre point de départ, Totaranui.
Une fois cette partie faite, nous devons nous organiser pour la nourriture, car sur place, il n’y a pas de cuisine équipée, pas de snack. Il faut qu’on cuisine sur place avec nos ustensiles, notre réchaud, ou nous cuisinons avant et partons avec tout déjà prêt. C’est la deuxième option que nous avons retenu. Au menu : salade de riz/salade verte/maïs, avec des fruits secs, crackers salés, brie et chocolat pour les déjeuners et dîner, muesli avec lait d’amande pour le matin. Problème : ça pèse un peu lourd dans les sacs mais ça s’allège avec le temps.
Autre chose à penser : duvets et draps de soie, lampes, trousse de secours, crème solaire, vêtements contre la pluie.
Bref, il faut penser à beaucoup de choses, et tout rentrer dans nos sacs de 30 litres, mais il faut aussi penser poids et ne rien prendre en trop car ce sont nos dos qui vont souffrir.
Une fois toutes ces étapes faites, nous prenons le bateau qui démarre de Marahau, là où nous avons garé notre voiture et où nous devons rentrer et qui nous amène à Totaranui, lieu de départ de notre randonnée. Le capitaine fait plusieurs détours pour nous montrer des points d’intérêts tel le Split rock, énorme rocher coupé net en deux, ou une colonie d’otaries. Il passe aussi par plusieurs baies où il dépose des randonneurs.
JOUR 1
Une fois sur la terre ferme, nous commençons par partir au nord du chemin, pour nous diriger vers la pointe du parc, juste pour nous échauffer. Nous arrivons donc à Mutton Cove, jolie petite plage. Cela fait déjà 2 heures que nous marchons. Nous rebroussons chemin pour nous diriger vers notre première hut, Awaroa. On regarde l’heure : 14h30. Nous avons 4 heures et 30 minutes de marches. Il faut qu’on soit à 18h à la baie d’Awaroa pour pouvoir la traverser à marée basse, car il n’y a pas d’autre chemin, et il ne faut pas arriver trop tard pour ne pas faire le chemin la nuit. Nous pressons le pas. Nous avons encore de l’énergie, après tout, ce n’est que le premier jour. Nous montons et descendons le long de cette côte forestière, longeons quelques plages et nous nous arrêtons pour prendre des photos.
Finalement, nous arrivons avec 15 minutes d’avance sur notre planning. Nous regardons la baie, la marée basse est suffisamment avancée pour commencer à traverser. Après quelques pas, nous enlevons nos chaussures de randonnée ; il n’est pas question de les mouiller, nous en auront besoin le lendemain. Nous regrettons la décision de retirer nos chausses à la seconde où nous posons les pieds sur le sable mouillé : c’est glacial ! Bref, ni une ni deux, nous continuons la traversée. Nous marchons à la fois dans des flaques d’eau froide et sur des coquillages. Autant dire que notre rythme n’est pas rapide, tant nous faisons attention où nous mettons nos pieds. Arrivés au milieu de cette baie devenue désertique par le retrait de la mer, nous n’avons plus le choix, une rivière coule au milieu. Voyant l’obscurité se rapprocher, nous ne pouvons pas remonter ce cours d’eau pour trouver un point de franchissement ne nécessitant pas de se mouiller les jambes. Nous posons alors nos pieds dans cette eau froide. L’eau nous monte jusqu’aux genoux. C’est très froid. Nous finissons de traverser, et nous arrivons à la fameuse hut. Enfin ! Là où les panneaux indiquaient la traversée en 20 minutes, nous en avons mis au moins le double. Nous revoilà avec nos chaussures, et la nuit étant déjà là, nous entrons dans cette cabane. Il fait bon dedans, quelqu’un a dû faire un feu plutôt dans la journée, tant mieux, mais nous ne le rallumerons pas ; tous les autres randonneurs sont déjà couchés ou en train de se préparer pour aller au lit. Il est 19h. On mange sans trop faire de bruit et nous finissons par nous installer dans un dortoir, forcément celui où il y a le plus gros ronfleur…
Et c’est fini pour cette première journée, où nous en avons pris plein les yeux !
JOUR 2
Cette fois-ci, la journée s’annonce longue, très longue, environ 24km, en 8h.
Après avoir pris notre petit-déjeuner, nous nous lançons sur le chemin. La route monte pas mal, à l’ombre dans la forêt, mais suite à notre journée d’hier, nous marchons un peu moins vite que la veille. Nous savons que nous nous arrêterons à mi-chemin, dans une hut pour y manger notre pique-nique, mais en attendant, nous devons avancer. Nous passons par quelques plages, le paysage reste beau, même s’il n’est plus magnifié par le ciel qui contrairement à hier ne laisse voir que le gris des nuages. Ces derniers nous rappellent la météo que nous avons regardé avant de venir ici : il devrait pleuvoir aujourd’hui. On avance toujours, les dénivelés ne faiblissant pas.
Nous arrivons enfin à Bark Bay, pour notre pause repas. Cela fait du bien ce moment de repos, où nous pouvons reprendre des forces. Notre tranquillité sera de courte durée, car ayant huit heures de marche à faire, nous ne restons pas longtemps, pour être sûr d’arriver à destination avant la nuit.
C’est au moment de la reprise que la pluie tombe enfin. Mais au final, notre inquiétude se dissipe rapidement, voyant que cette pluie n’est que bruine. Certes, ce n’est pas terrible, mais au moins, on peut continuer à avancer sans être trempé pour autant. Et puis une heure après, la pluie s’arrête, au moins jusqu’à la soirée.
Le reste de la route se déroule comme prévu : on avance bien, même si la fatigue se fait sentir. Mais nous tenons le coup, les muscles de nos jambes s’étant chauffés, nous pouvons avancer sans pour autant ramper, paralyser par la douleur des courbatures.
Nous arrivons enfin à Anchorage, la hut où nous allons passer la nuit. Cette fois-ci, il y a des gens qui sont encore réveillés, et qui font le même chemin que nous, mais dans l’autre sens. Nous choisissons un dortoir où nous serons seuls, ne voulant pas reproduire la même expérience que la nuit dernière, à savoir partager la chambre avec un gros ronfleur. Une fois les chaussures enlevées et les pieds massés, nous allons dans la pièce principale, où nous prendrons le repas. Les gens s’y trouvent toujours, et ont même allumé un feu. C’est parfait. Nous discutons un peu avec eux, apprenons quels sont leurs plans pour le lendemain, leur annonçant que pour nous la randonnée se terminerait le lendemain. Un couple de marcheur échange leur numéro avec le notre, en vue de nous offrir le logis et le couvert quand nous serons sur Nelson, dans quelques jours.
Et une fois notre repas ingurgité et réchauffés par le feu de la pièce, nous regagnons nos duvets pour nous reposer après une journée fatigante.
JOUR 3
Ça y est, c’est le dernier jour. Nous nous levons sans trop de courbatures, mais les jambes un peu en coton, comme si elles ne comprenaient pas les efforts que nous leur avons imposés la veille.
Après le même petit-déjeuner que la veille, nous plions bagage et nous reprenons la route. Cette fois-ci, je ressens un peu plus la fatigue dans les jambes, mais principalement le temps que les muscles de mes jambes se chauffent. Le soleil est revenu, mais se cache de temps à autre derrière les nuages qui restent présent. Lors de cette journée, nous sommes par moment un peu plus à découvert que les jours précédent, notamment lorsque nous sommes en haut des collines, ce qui nous donne accès à de très belles vues sur le parc Abel Tasman, un panorama à couper le souffle. Malgré la fatigue que nous ressentons, nous sommes heureux d’avoir pu faire cette expérience.
Puis la route redescend, nous croisons un village de maison de vacances, nous marchons sur la plage et nous revenons dans la forêt pour continuer la randonnée.
Cette forêt a vraiment un aspect incroyable, ce côté forêt tropicale situé en bord de mer, c’est inhabituel de voir ça.
Et nous finissons notre chemin sur le bas-côté de la route, à la recherche du parking où nous avons garé la voiture. Nous pouvons enfin souffler : nous l’avons fait !
AU FINAL
Au final, nous retenons de cette expérience des paysages magnifiques, beaucoup de marche, des plages où il fait bon se poser, des Wekas bien trop curieux.
Mais aussi, l’idée de voyager en itinérence avec toutes les affaires dont on a besoin sur le dos nous plaît beaucoup. Que ce soit à pied (comme pour ici), en voiture/van (comme on le fait depuis le début du voyage) ou en vélo (comme nous l’avons fait en France), il y a cette sérénité de se dire que nous pouvons voyager avec tout ce qui est vital dans nos sacs.